nautile la foa

Court métrage de fiction de 30 min réalisé par Ludovic Hutier. Le film vient d’obtenir le prix du meilleur court-métrage au 18ème festival du cinéma de La Foa.

Pour ce tournage, Terence Chevrin (Chef opérateur), a beaucoup travaillé en amont avec Ludovic afin d’assurer le storyboard et le découpage technique. De mon coté, j’ai travaillé la lumière avec Thierry Labille (Chef électro). La caméra était préparée par Alice Daumas (Assistante opérateur).

Pour ce court métrage, Ludovic Hutier souhaitait une ambiance similaire au film « Prisoners » de Denis Villeneuve. On a donc fait le choix d’utiliser une source unique et naturelle qui tend à encrer l’histoire dans le réel. L’équilibre des faces est géré grâce à des réflecteurs. Pas besoin de lumière « en contre » pour détourer les personnages, ni d’autre artifices sophistiqués. La lumière ne se voit pas…

Le décor de la maison possèdait des fenêtres sur tous les murs, ainsi que des rideaux diffusant et des rideaux opaques. Toutes les  fenêtres possèdaient également des volets en bois à la Française. Le décor intérieur pouvait donc se modeler facilement et les sources lumineuses pouvaient être placées à l’extérieur de la maison (accès facilité tout le tour de la maison). Notre base lumière était un projecteur HMI 2,5kW placé à l’extérieur de la maison et dirigé vers l’intérieur par les fenêtres soit à travers des cadres de diffusion, soit en réflexion sur des poly blancs. Ensuite, le travail consistait à modeler les visages avec des réflecteurs puis atténuer ou accentuer les arrières plans.

Comme pour la lumière, il fallait garder un lien avec l’environnement des personnages. Comprendre dans quels lieux ils évoluaient. Travailler avec des focales trop longues (< 35mm) aurait détaché les personnages du fond, de leur environnement et donc de la réalité de l’histoire. J’ai donc privilégié les focales courtes (16mm, 18mm, 24mm, 35mm). Le choix des focales a été un sujet de discussion souvent débattu avec Terence (Chef opérateur). Ayant des visions différentes et légitimement persuadé de nos choix respectifs, Ludovic (Réalisateur) a du se faire sa propre idée, à plusieurs reprises. C’était un véritable travail collaboratif entre Tesh (Terence), Ludo et moi, jamais destructif, avec autant de renoncement que d’aboutissement, une sorte de balance parfaite ou l’on pouvait débattre ouvertement des choix techniques, artistiques, mise en scène. Des discussions qui auraient pu durer des heures, mais qui ne devaient durer que quelques minutes. On se tournait ensuite vers Ludovic en lui disant « Bon, il faut que tu choisisses maintenant ! ». Dans la minute, on reprenait le tournage avec l’agréable sensation d’avoir fait son pleinement son travail, quel qu’en soit l’issue.

Le film possède 2 grands univers colorimétriques. L’enlèvement de Julien étant la limite entre les deux univers. Dans le premier univers, on découvre une famille sans histoire, dans une lumière franche et chaude de début de journée ensoleillée. Le petit déjeuner et illuminé par la lumière extérieure qui pénètre dans la maison par les fenêtres grandes ouvertes. Devant l’école, le retour des enfants et leur balade vers le chemin des martyrs, puis l’enlèvement, se déroulent sous le soleil. L’idée et de crée une ambiance relativement chaude (rassurante) dès le début de l’histoire, pour ensuite basculer dans le deuxième univers après l’enlèvement. Dans le deuxième univers, on découvre une maison plus sombre, avec plusieurs rideaux de tirés. La lumière qui vient de l’extérieur est plus froide (inquiétante), comme dans ces journées voilées et nuageuses. La lumière est diffuse, mais les personnages sont contrastés en essayant de filmer la face sombre des visages. L’image est légèrement désaturée par rapport au premier univers.